dimanche, juillet 15, 2007

Evacuacion


Juan salió a juntarse con Augusto, su amigo desde el colegio que vivía a solo unas cuadras del cine donde irían. Esa tarde pasaban la película-documental que esperaban desde el año pasado, cuando supieron que estaba en producción. Sería una tarde consagrada a una de sus estrellas del rock. Ese vocalista les había cantado con su voz seca y casi desafinada durante las primeras borracheras, los primeros gritos a plena noche y andanzas sin una moneda para financiar el retorno a sus casas. Ahora la pantalla grande venía a rendir homenaje en cierta forma a sus años salvajes. Augusto lo esperaba en el cine, en una fila que no contaba con más de una veintena de personas. Entraron ansiosos por ver aquellas imágenes del que fue una especie de símbolo de la rebeldía ante un sistema que para ellos significó lucha constante y cabezazos al vacío de una educación heredada. Así lo pensaban al menos antes de entrar a la oscuridad del cine.

El relato se detiene aquí. Pero la historia sigue.

Ambos personajes, que podrían llamarse como quieran, salen del cine y cambian sus planes. No van juntos a tomarse una cerveza. Ambos vuelven a sus respectivas casas. Uno de ellos piensa en la muerte. El otro piensa en una frase del rock star muerto: “¡Las letras son grandiosas, lástima que no las escuchen viejo, porque son realmente buenas!”.

Los dos personajes buscan por Internet informaciones distintas. Uno de ellos sobre la muerte de un obrero en el sur del país, baleado por la policía luego de un acto de loco desahogo ante una situación de usura y explotación por su empresa. El otro busca traducciones al español de las letras en inglés del cantante en cuestión. Dos semanas después se encontrarían los amigos. Uno comenta al otro el documental que vieron en el cine y le dirá que quizás nunca entendieron de lo que hablaba en realidad el vocalista de ese grupo, pero que en cierta forma lo vivieron. El otro respondería que lo vivido ha quedado en una especie de sueño, en letargo cuasi eterno. Ambos descubrían que se han dejado estar; que de nada sirve leer Burroughs, Kerouac, Joyce, Sendrars, Fante y tantos otros en buenas traducciones, porque incluso en la propia lengua se difractan las ideas y hasta se pierden. Es la ecuación de la evacuación.

Uno de ellos diría que leyó integras en español las letras del vocalista y que entendió todo. El otro le respondería que no es posible entenderlo todo mientras se esté muerto, mientras sus juventudes se vuelven una capa llena de hongos sobre la cual ellos duermen. Ellos terminarán sus cervezas y pedirán otras más. La corbata de uno de ellos es un bulto en el bolsillo de su chaqueta.

¿Ambos se atormentan de manera gratuita?, ¿qué vieron o dejaron de ver antes, durante y después del documental?

¿Por qué fue tan fácil pasar por alto o digerir la muerte a balazos de una persona que luchó por tener un sueldo digno, una buena causa para un padre de familia, de un fuerte y orgulloso obrero del sur del país, quien explotó porque no dio más? Le pregunta uno al otro. La tele estará encendida en aquel bar. La gente entrará y saldrá por la pantalla, tan reales como los que se sientan en las mesas alrededor de ellos.

trd au français:

Juan sortit pour rejoindre Augusto, son ami de lycée qui vivait tout près du ciné où ils allaient. Ce soir-là, il y avait le documentaire qu’ils attendaient depuis l’année dernière, depuis qu’ils savaient qu’il était en cours de réalisation. Ce sera un soir consacré à une de leurs stars du rock. Ce chanteur les avait accompagnés, avec sa voix sèche et presque fausse, dans leurs premières cuites, dans leurs premiers cris en plein nuit et dans leurs vadrouilles sans un sou pour financer leur retour à la maison. Maintenant le grand écran venait rendre hommage d’une certaine manière à leurs années sauvages. Augusto l’attendait au ciné, dans une file qui ne comptait pas plus d’une vingtaine de personnes. Ils entrèrent tout excités pour voir ces images de celui qui fut un espèce de symbole de la révolte face à un système qui, pour eux, signifiait lutte constante et coups de tête dans le vide d’une éducation héritée. C’est cela qu’ils pensaient au moins avant de pénétrer dans l’obscurité de la salle.

La narration s’arrête ici. Mais l’histoire continue.

Les deux personnages, qui pourraient s’appeler comme vous voulez, sortent du ciné et changent leurs plans. Ils ne partent pas ensemble boire une bière. Chacun rentre chez soi. L’un d’eux pense à la mort. L’autre pense à l’une des phrases de la rock star décédée : « Les paroles sont grandioses, dommage qu’ils ne les écoutent pas mec, parce qu’elles sont vraiment bonnes ! »

Les deux personnages cherchent différentes informations sur Internet. L’un d’eux sur la mort d’un ouvrier dans le sud du pays, fusillé par la police après avoir pété le plomb dans une situation d’usure et d’exploitation. L’autre cherche des traductions en espagnol des paroles anglaises du chanteur en question.

Deux semaines plus tard, les amis se rencontreraient. L’un commenterait à l’autre le documentaire et lui dirait qu’ils n’avaient peut-être jamais compris de quoi parlait en réalité le chanteur du groupe, mais que d’une certaine manière ils l’ont vécu. L’autre répondrait que le vécu est resté dans une espèce de sommeil, dans une léthargie quasi-éternelle. Les deux découvrent qu’ils se sont laissé vivre ; qu’il ne sert à rien de lire Burroughs, Kerouac, Joyce, Sendrars, Fante, et tant d’autres dans de bonnes traductions, parce que même dans leur propre langue les idées se diffractent et même finissent par se perdre. C’est l’équation de l’évacuation.

L’un d’eux dirait qu’il a lu toutes les paroles du chanteur en espagnol et qu’il a tout compris. L’autre répondrait qu’il n’est pas possible de comprendre tout en étant mort, alors que leur jeunesse est devenue une nappe pleine de champignons sur laquelle ils dorment.

Ils finiront leurs bières et en commanderont de nouvelles. La cravate de l’un d’eux est en boule dans la poche de sa veste.

Se torturent-ils vainement ? Qu’ont-ils vu ou arrêté de voir avant, pendant et après le documentaire ?

Pourquoi était-il tellement facile de passer à côté ou de digérer la mort par balle de quelqu’un en lutte pour obtenir un salaire digne, pour une bonne cause de père de famille — la mort d’un fort et fier ouvrier du sud du pays qui a explosé parce qu’il en pouvait plus ? L’un demande à l’autre. La télé sera allumée dans le bar. Les gens rentreront et sortiront par l’écran, aussi réels que ceux qui s’assoient aux tables autour d’eux.

3 commentaires:

jordi lobo a dit…

Es lo que ocurre cuando impera el espectáculo. Uno ha de ir con cuidado y huir de su personaje.
O dejarse ir, y entonces el sentir se hace efímero y desaparece. He ahí el nirvana, y he ahí porque yo no fui budista.

Mr.Fozzil a dit…

weno, weno, weno.. Salud por todos los difuntos y por todos los muertos en vida.
Joe Strummer era eléctrico...

m a dit…

l�neas blancas sobre la mesa

m